DANSES AUTHENTIQUES DU PEUPLE RROM


"Lorsque je parle des danses rroms authentiques, il ne faut pas croire que je m’accroche au purisme. Ces danses représentent un mélange extraordinaire des traditions diverses, que les Rroms ont su adopter en parcourant le monde, en y rajoutant toujours un peu de leur richesse culturelle, de cette source indienne qui est la même pour toutes les musiques et danses tziganes et qui les distingue de tous les autres styles. Quand je dis authentique, je dis telles qu’elles se dansent aujourd’hui dans les villages rroms et par les Rroms. Il s’agit ici de représenter les musiques et danses des Rroms avec respect, en prenant en compte leur mode de vie, leurs traditions, leur art. Les classifier est une tâche difficile, car elles changent d’un pays à l’autre et dans chacune de ses régions, les variantes sont nombreuses. Ceci n’est donc qu’une classification globale et incomplète..."

Simona Jovic


Danse nomade du Rajasthan
Inde du nord

Les régions du Rajasthan et du Punjab du Nord-Ouest de l'Inde, restent les plus habitées par les castes que l'on considère être à l'origine du peuple Rrom. Les castes des ces nomades sont nombreuses, les Banjaras, les Manganyars, les Langas, les Kalbelyas et autres. Certaines, comme la caste les Manganyars et les Langas, sont musiciens professionnels, d'autres comme les Kalbelya, sont charmeurs des serpents, d'autre encore comme les Banjaras sont en grande partie forgérons. Dans tous les cas, la danse fait partie intégrante de leur vie. Les Banjaras dansent sans la musique. Pour la danse, qui représente un rituel religieux, le seul accompagnement musical sont les jeux de grelots ("châines" de chevilles) et de nombreux bracelets. Dans le désert du Thar du Rajasthan, c’est la caste des Kalbelyas (qui vient du "kalo"-noir, couleur de la robe de la danseuse) qui porte cette culture de charmeurs de serpents et de magiciens. Ils sont également connus sous le nom de Sapera. Pendant que les musiciens jouent, la danseuse imite le serpent cobra au son de pungi, elle tourne et se déplace beaucoup avec une grande souplesse, effectuant des mouvements à la fois saccadés et gracieux,


IMPORTANT : "Dans une récente discussion que j'ai eu avec Mr Marcel Courtiade au Congress "Si Rrom e Evropa" à Ohrid en Macédoine, la question des origines des Rroms est revenue. Il fait partie de ceux qui considèrent que les régions du Rajasthan et du Punjab ne sont pas réellement la terre de leur origine. D'autres chercheurs en sont persuadés. Mais ils sont tous d'accord sur un point : ces nomades indiens ne sont pas Rroms. Quant à leur lien avec les Rroms d'aujourd'hui, ça reste une polémique et un sujet avec lequel il faut rester très prudent!" Simona Jovic

Musique conseillée : Suva Devi Kalbelya, Gypsies of Rajasthan, Musafir, Divana, Gulabo, Dhoad Gypsies of Rajasthan…






Danses d'Asie Centrale



Il s'agit de la première région que les Rroms ont traversé sur le chemin de l'exil. Et il s'agit aujourd'hui des pays où ils restent le moins nombreux à cause des conditions de vie difficile. Ils y sont presque tous encore nomades. En Afghanistan s'approcher de la ville leur est interdite, alors ils travaillent pour les paysans, fabriquant toute sorte d'objets, dont souvent des instruments de musiques. En Iran, l'ancienne Perse, la vie des Rroms n'est pas beaucoup plus facile. Nomades aussi, ils sont souvent danseurs et musiciens vivant aux abords de Teheran. Seuls quelques privilégiés arrivent à en vivre. Leur danse est dansée en couple et en groupe, sans se toucher. Les gestes des mains et de la tête, ainsi que les costumes ornés de petits miroirs et des broderies, restent très influencés par les origines indiennes. Comme chez tous les Rroms, le moindre petit évènement est l'occasion de faire la fête !

Musique conseillée : Ensemble Kaboul






Danse rrom de la Haute Egypte



Les Rroms arrivent en Egypte vers le 11ème siècle déjà. Ils s'installent au Caire d'abord et dans le Sud de l'Egypt ensuite. Aujourd'hui c'est à Louxor qu'habitent la plus grande partie de cette "tribu" de Nawwar, musiciens et danseurs professionnels qui exercent leur art dans les rues, les foires, les mariages. On les appellent les Ghawazees. Leur danse est dansée par les femmes principalement, c'est une danse pleine de vie, très joyeuse. Se caractérise notamment par des mouvements situés dans le bassin, des vibrations rapides et variées, ainsi que des frappes des pieds qui représentent l’une des caractéristique importante de beaucoup de danses rroms. La danseuse qui accompagne les musiciens de son jeu de sagats (petites cymbales), s’arrête souvent, reprend joyeusement, fait participer le public. L'utilisation de la canne en bois est très courante, autant pour les femmes que pour les hommes.

Musique conseillée: Musiciens du Nil, "Music of the Ghawazee" (Aisha Ali)






Danses rroms de la Turquie



Que ça soit sur le rythme çiftetelli (rythme régulier 8/8 rapide ou lent) ou sur le karsilama (rythme irrégulier 9/8), la danse turque se caractérise par une grande liberté d’expression et une profondeur passionnante. Elle est dansée par les hommes et les femmes. Dans sa forme féminine, il s'agit d'une danse virile et féminine à la fois, dans laquelle on place les accents du corps sur le rythme karsilama avec une grande précision et de façons différentes qui peuvent varier d’une phrase musicale à l’autre. On s'exprime beaucoup avec ses mains dont on se sert pour montrer, raconter, traduire... L’utilisation de zills (=sagats en Egypte) et de kasyklar (cuillères en bois).

Musique conseillée : Selim Sesler, Mustafa Kandirali, Istanbul Oriental Ensemble, Omar Faruk Tekbilek, Roman Oyun Havalari...






Danses rroms des Balkans
Serbie du Sud,Macédoine,Bulgarie,Albanie...

Dans le sud des Balkans, les Rroms dansent principalement le cocek. Simple, légère et gracieuse, mais très profonde, elle se danse soit individuellement, soit en groupe, par les femmes et les hommes ensemble. Elle garde les influences orientales grâce à l'occupation ottomane des Balkans qui a duré pendant 5 siècles. C'est l'une des plus passionnantes et des plus "insaisissables" des danses rroms qui se caractérise par un enchaînement de pas très répétitif et des mouvements petits, simples et gracieux.
Dans la Serbie Centrale, les Rroms dansent en cercle, se tenant par les mains, la danse appelée le kolo. Il existe un grand nombre de kolos différents qui font, pour la plupart, partie des danses folkloriques des pays balkaniques et de la Roumanie. Les Rroms en dansent quelques uns. Selon la région et la rythmique utilisée, la position des bras et les pas, qui sont simples et répétitifs, changent. Dans le sud des Balkans, le kolo rrom (appelé ORO) reste très oriental, avec des petits accents de hanches utiliés. En Serbie Centrale, au contraire, on se rapproche de l'Europe Centrale et danses de cercle roumaines, avec la position du corps très droite et fière et une rapidité des pas souvent impressionnante.

Musique conseillée :
Serbie : Simona Jovic & Demiran Cerimovic, Saban Bajramovic, Bakija Bakic…
Macédoine : Esma Redzepova, Ferus Mustafov, Dzansever, Kocani orkestar
Bulgarie : Jony Illiev
Albanie : Rromano Dives
Pour les kolos : Najlepsa kola Srbije






Danses rroms de la Roumanie et de la Hongrie



La Roumanie est le pays où vit aujourd'hui le plus grand nombre de Rroms en Europe malgré les grandes migrations vers l'Europe Occidentale qui ont suivies l'abolition de l'esclavage. Une partie y est encore nomade et beaucoup y vivent de la musique. La danse change en fonction de la région et du rythme. Elle peut être très orientale et inluencée par les danses des Balkans (danse manea), ou sautillante et rapide avec le claquement des doigts et des pas très rapides (çingerica), pour les femmes ou les frappes des pieds et des mains pour les hommes. Contrairement à beaucoup de pays, en Transylvanie roumaine, la danse des hommes est plus impressionnante et complète que celle des femmes!

Musique conseillée :
Roumanie : Taraf de Haidouks, Gabi Lunca, Romica Puceanu, "Transylvania", "Gadjo dilo"...
Hongrie : Ando drom, Kalyi Jag, Kek Lang






Danse rrom de l'Europe Orientale



Elle est surtout connue sous le nom de la danse tzigane russe, mais elle se danse également dans d'autres pays d'Europe de l'Est. Dans sa forme masculine, elle est identique à celle dansée par les Rroms roumains et hongrois. Dans sa forme féminine, par contre, avec les grands châles et les jupes, il s'agit de la moins authentique, la moins vivante des danses tziganes en général. Adaptée à la scène, cette forme de danse est devenue "artificielle" et contrairement à toute les autres, elle n'est plus dansée autant que telle dans les festivités rroms.

Musique conseillée :
Loyko, Ilo, Jelem, Musique du film « Les Tsiganes montent au ciel,  »






Danse "gitane" de l'Andalousie
(Simona Jovic n'enseigne pas et ne présente pas le flamenco sur scène!)




Les flamencas étaient des familles gitanes sédentaires qui ont développé en Andalousie toute une culture dont la danse (el baile) et le chant (el cante) représentent un seul aspect. Très proche de la danse tzigane d'Europe Centrale, la danse flamenca est un mélange de grâce et de rage. Dansée par les hommes et les femmes, la danse flamenca se caractérise entre autre par le zapateado (frappes des pieds) et les palmas (frappes des mains). Selon le palos (type de chant), les émotions exprimées peuvent aller de la douleur la plus profonde, jusqu’à la joie la plus extatique. Beaucoup de Gitans la dansent encore aujourd'hui sans musique en s'accompagnant des voix et des palmas uniquement. L'accesoire de danse le plus utilisé sont les castagnettes.

Musique conseillée : Camaron de la Isla, La Macanita, Terremoto de Jerez, El Lebrijano


IMPORTANT : Simona Jovic ne représente pas sur scène et n'enseigne pas le flamenco. Pour ceux qui souhaitent l'apprendre, elle recommande chaleureusement les cours de Patricio Martin au Centre de danse du Marais à Paris.